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Comment apprendre le japonais : une feuille de route honnête

Si je devais réapprendre le japonais à partir de zéro, voici exactement ce que je ferais. Six phases, des estimations de temps honnêtes, des outils précis.

Bao HuaMis à jour le 21 avril 202632 min de lecture

J’écris ceci pour la version de moi qui a commencé le japonais un mardi soir de 2023, avec un onglet Duolingo ouvert et aucun plan. Il a perdu quatre mois avec les leçons de la chouette, deux mois de plus à forcer Anki, puis un dernier mois à errer entre les manuels avant de trouver quelque chose qui tienne.

Voici le plan que j’aurais aimé avoir ce premier mardi. Six phases, des estimations de temps approximatives et des outils précis. Suis-le ou adapte-le ; les deux marchent tant que la structure de fond reste la même.

Phase 1 : les kana (deux premières semaines)

Objectif : savoir lire à voix haute, lentement, n’importe quel mot en hiragana ou en katakana.

Ne saute pas cette étape. Chaque minute passée à lire du japonais en romaji est une minute de moins pour construire la reconnaissance visuelle qui rend la lecture automatique. La plupart des adultes viennent à bout des hiragana en trois jours concentrés, et des katakana en trois autres. Deux semaines te laissent une marge confortable.

Consulte le guide des hiragana et le guide des katakana pour le planning exact et le système de moyens mnémotechniques.

Que faire si tu connais déjà les kana

Passe à la phase 2, mais fais quand même un exercice de reconnaissance chaque jour pendant le premier mois. L’oubli est bien réel. Ça te coûte dix minutes par semaine et t’évite de tout réapprendre dans trois mois.

Phase 2 : vocabulaire de base N5 (mois 1-3)

Objectif : 500 à 800 mots très fréquents, entendus et lus.

Le vocabulaire est ce qui rapporte le plus pendant les trois premiers mois. La grammaire sans les mots, c’est de la théorie ; la grammaire avec les mots, c’est de la langue. Travaille la liste JLPT N5 (environ 800 mots) dans un système de répétition espacée. Le paquet N5 d’Inku est organisé par catégorie et par fréquence, avec de l’audio. Tu peux aussi parcourir le vocabulaire N5 par thème pour voir ce que couvre la liste avant de commencer à t’entraîner.

Objectifs quotidiens :

  • 10 à 15 nouveaux mots par jour
  • Toutes les révisions du jour (généralement 20 à 40 minutes au total)
  • Prononce chaque mot à voix haute au moins une fois

À ce rythme, tu termineras le vocabulaire N5 en 60 à 80 jours. Certains jours, tu sauteras. Certaines semaines, tu pousseras plus fort. C’est la moyenne qui compte.

Phase 3 : fondations de grammaire (mois 4-6)

Objectif : être à l’aise avec les 100 structures grammaticales les plus courantes.

Au quatrième mois, tu as assez de vocabulaire pour ancrer des leçons de grammaire. Choisis l’un de ces outils :

  • Le Genki Companion de Tofugu si tu aimes les leçons structurées avec exercices.
  • Le Guide to Japanese de Tae Kim (gratuit) si tu veux une référence linguistique, riche en structures.
  • Bunpro si tu veux t’entraîner à la grammaire façon SRS.

Travaille un point de grammaire par jour. Lis l’explication. Étudie cinq phrases d’exemple. Ajoute la structure à ton paquet SRS ou à un carnet. En trois mois, tu auras couvert l’ossature du N4 et l’essentiel de la grammaire N5.

Phase 4 : du vrai japonais (mois 7-12)

Objectif : écouter ou lire du japonais 15 minutes chaque jour.

C’est la phase qui sépare les amateurs des vrais apprenants. Au septième mois, tu as assez de vocabulaire et de grammaire pour commencer à consommer du vrai japonais. Pas des phrases de manuel, mais des contenus natifs destinés aux personnes qui parlent japonais.

Commence par :

  • Easy NHK News (NHK Web Easy). De vraies actualités, réécrites en japonais simple avec des furigana. Dix minutes par jour.
  • Satori Reader. Des lectures graduées avec audio et notes de grammaire intégrées.
  • Des podcasts japonais pour apprenants. Nihongo con Teppei, Learn Japanese with Noriko. À écouter en voiture ou en marchant.
  • La télé pour enfants. Shimajiro, Doraemon. Peu de vocabulaire, beaucoup de répétition.

N’essaie pas de tout comprendre. Vise 70 à 80 % de compréhension, laisse filer le reste, et reviens aux nouveaux mots dans ton SRS.

Phase 5 : la production (mois 13-15)

Objectif : produire du japonais, mal, chaque jour.

C’est là que la plupart des apprenants stagnent. Tu dois parler et écrire pour dépasser le plafond de la compréhension. Le plus dur, c’est que parler semble horrible le premier mois, parce que ton cerveau reconnaît des phrases qu’il ne sait pas encore produire.

Outils :

  • italki pour des partenaires de conversation payants. 10 à 20 $ la séance. Commence par 1 séance par semaine.
  • HelloTalk ou Tandem pour des partenaires d’échange linguistique gratuits.
  • Un journal personnel. Écris 3 à 5 phrases par jour en japonais. Simple, c’est très bien. Ce qui compte, c’est l’acte de produire.
  • Le shadowing. Répète à voix haute ce que dit une personne native, juste après elle. Vingt minutes par semaine.

Phase 6 : l’entretien (pour toujours)

Objectif : un contact quotidien, une progression plus lente.

Après le 15e mois, tu passes de l’étude délibérée à l’entretien. Tu en sais assez pour lire, écouter et parler. Tu ajoutes du vocabulaire au fil de tes rencontres. Tu approfondis les kanji à un rythme plus lent. Tu as construit l’habitude, et maintenant l’habitude se maintient d’elle-même.

Continue à faire :

  • Des révisions SRS chaque jour, 5 à 15 minutes.
  • Des contenus natifs chaque jour, 15 à 30 minutes.
  • De l’oral ou de l’écrit chaque semaine.

Combien de temps par jour ?

La réponse honnête dépend de la phase :

  • Phase 1 (kana) : 30 à 60 minutes par jour pendant deux semaines.
  • Phases 2-3 (vocabulaire N5 + grammaire) : 25 à 40 minutes par jour.
  • Phase 4 (compréhension) : 30 minutes par jour minimum, plus si ça te plaît.
  • Phase 5 (production) : 45 minutes à une heure les jours de pratique, 20 minutes les autres.
  • Phase 6 (entretien) : 15 à 30 minutes par jour, indéfiniment.

15 minutes par jour pendant un an valent mieux que 2 heures par jour pendant un mois. La courbe de l’oubli ne pardonne pas les interruptions.

Les outils à chaque phase

Voici ce que j’utiliserais vraiment si je recommençais :

  • Phase 1 : Inku (hiragana + katakana), un carnet et un stylo.
  • Phase 2 : Inku (paquet N5), un manuel Genki comme référence.
  • Phase 3 : Bunpro ou Tae Kim pour la grammaire, Inku pour consolider le vocabulaire.
  • Phase 4 : NHK Web Easy, Satori Reader, des apps de podcasts.
  • Phase 5 : un professeur italki, une app de journal en japonais, un partenaire linguistique.
  • Phase 6 : ce qui t’a gardé sur la bonne voie jusque-là.

Pour un tour d’horizon plus large des cours, podcasts, apps et chaînes de japonais en dehors de l’écosystème Inku, je consulterais aussi le guide japonais d’All Language Resources. Utilise-le pour découvrir, puis reviens à un petit ensemble hebdomadaire que tu peux vraiment répéter.

Les quatre causes d’échec

Échec 1 : tu ne quittes jamais la phase 1

Tu reviens sur Duolingo 5 minutes par jour et tu appelles ça étudier. Trois mois plus tard, ton japonais est indiscernable de zéro. Solution : engage-toi dans un vrai effort de vocabulaire en phase 2.

Échec 2 : tu sautes les kana

Tu t’appuies sur le romaji pendant les mois 2 et 3 et tu ne développes jamais ta lecture. Quand tu essaies de lire du vrai japonais, c’est épuisant et tu abandonnes. Solution : deux semaines sur les kana, puis plus jamais de romaji.

Échec 3 : tu commences par la grammaire

Tu passes les mois 1 à 3 sur la théorie grammaticale sans vocabulaire pour l’ancrer. Les structures ne restent pas, faute de quoi les accrocher. Solution : le vocabulaire d’abord, la grammaire ensuite.

Échec 4 : tu ne commences jamais à produire

Tu restes pour toujours en mode compréhension seule, parce que parler te met mal à l’aise. Tu plafonnes au niveau de lecture N4 et tu ne parles jamais. Solution : au 13e mois, réserve une séance italki. Même ratée.

Questions fréquentes

Quelle est la meilleure façon d’apprendre le vocabulaire japonais ?+

Apprends quelques nouveaux mots par jour avec leur audio, rappelle-toi chacun avant de vérifier la réponse, et laisse une app de répétition espacée programmer tes révisions. Inku le fait avec des paquets JLPT N5 à N1 prêts à l’emploi sur le web et l’iPhone ; Anki convient si tu préfères créer tes paquets toi-même.

Combien de temps faut-il vraiment pour apprendre le japonais ?+

En partant de zéro, la plupart des adultes atteignent un japonais conversationnel (niveau JLPT N4-N3) en 12 à 18 mois, à raison d’environ 30 à 45 minutes par jour. La vraie aisance (lire des romans, regarder la télé et tenir des conversations familières sans peine) prend 3 à 5 ans. Le Foreign Service Institute américain classe le japonais en catégorie IV, ce qui demande plus de 2 200 heures pour une compétence professionnelle chez les anglophones.

Peut-on apprendre le japonais sans vivre au Japon ?+

Oui. Vivre au Japon accélère la compréhension orale et l’expression, mais le travail de grammaire et de vocabulaire est le même que tu sois à Osaka ou à Ottawa. Avec Internet, tu peux atteindre un niveau conversationnel depuis n’importe où.

Ai-je besoin d’un professeur ou d’un cours ?+

Pas au stade débutant. L’autoapprentissage avec un programme structuré (comme Genki ou une app comme Inku) couvre très bien la première année. Un professeur ou un partenaire de conversation devient précieux vers 6 mois, quand tu as besoin de pratiquer la production en direct.

Faut-il apprendre les kanji dès le premier jour ?+

Non. Apprends d’abord les hiragana et les katakana, puis commence les kanji quand tu connais environ 100 mots de vocabulaire. Des kanji appris isolément sont une proie pour la courbe de l’oubli. Des kanji rattachés à des mots que tu utilises se retiennent.

Vaut-il mieux se concentrer d’abord sur la lecture ou sur l’oral ?+

D’abord la compréhension, ensuite la production. Consacre tes 6 premiers mois à la lecture et à l’écoute. L’oral et l’écrit se mettent en place quand tu as une base solide de japonais compréhensible sur laquelle t’appuyer.

Ensuite : commence la phase 1. Ou, si tu veux que l’effort de vocabulaire de la phase 2 soit préparé pour toi, Inku propose le paquet N5 tout prêt avec audio. Si tu choisis tes outils, consulte Inku vs Duolingo ou Inku vs Anki. Ou explore tous les thèmes de japonais pour voir où mène chaque phase.

Tes cartes t’attendent

Choisis un paquet selon ton niveau ou tes envies et commence le japonais aujourd’hui.

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